La bicyclette en herbes… folles est une rencontre avec des paysans du monde et les plantes qui poussent spontanément sur leurs terres, tout cela à bicyclette jusqu’en Inde!Je souhaite faire écho à leurs voies via des articles photo et audio qui témoignerons de leurs vécus et représentation des « mauvaises herbes ». L’idée est de se rendre compte de la diversité des manières de voir et de faire avec ces végétaux.

Le Constat :

Le modèle d’agriculture industriel dominant est à bout de souffle et de plus en plus critiqués. Une grande partie de ses pratiques décrié sont dû à la lutte contre la flore adventice responsable d’environ 1/3 de la perte du rendement en céréales dans le monde. Ce modèle agricole a notamment engendré une grande perte de la diversité des végétaux autour et dans les parcelles. Ces effet sont en partis dû aux pratiques des agriculteurs sont elles-mêmes en parties induites par la manière dont ils voient cette flore sauvage dans leurs espaces domestiqués.

Comprendre les représentations et usages que les agriculteurs ont de cette flore spontanée est donc utile à l’évolution vers des agricultures plus respectueuses de la diversité des êtres vivants et des cultures humaines. En France nos connaissances et représentations du non domestiqué, comme les végétaux sauvages, ont été fortement simplifiées. Certains agriculteurs qui souhaitent adapter leurs pratiques à leur campagne déplorent cette perte. Quand bien même de nouvelles représentations tentent de l’enrichir elles sont souvent le fruit de  normes tel que le « développement durable ».

Peut-on s’inspirer des façons qu’ont d’autre société de faire avec ces végétaux? La notion d’herbe « mauvaise » existe-t-elle dans toutes les cultures humaines ? Alors, comment les nomme-t-on ? Quels usages en fait on ?

Un début de réponse se trouve tous près, en Bretagne. En Breton un bel exemple illustre le « sens commun » que l’on donne aux plantes spontanée des cultures. C’est le mot louzaouenn qui signifie « mauvaises herbes » et louzou, plante médicinales. Quand on parle de louzou  et louzaier on peut aussi désigner aussi les médicaments et les pesticides.

Voir pour l’exemple le témoignage d’un paysan de Plougastel -Daoulas dans le Finistère.

-Pourquoi se déplacer à bicyclette ?

C’est un moyen équilibré de se déplacer. Il permet d’être en prise directe avec le réel tout en allant relativement vite et sans trop se fatiguer par rapport aux autre modes de déplacement à énergie humaine. Avant l’aspect écologique de ce mode de déplacement je revendique son aspect social. Le vélo est un outil ‘convivial’ au sens d’Ivan Illich qui accroît grandement l’autonomie en comparaison de la voiture. Un vélo est facilement réparable, tout son fonctionnement est à portée de vue. Elle n’est pas dépendante des énergies fossiles et favorise les relations humaines.

-Pourquoi s’intéresser au monde paysan ?

Car il est à la base de notre civilisation sédentaire. Les paysans ont cultivé leurs pays pendant des milliers d’années. Aujourd’hui ils sont de plus en plus dépossédés de leurs moyens de subsistances et de production. Que leurs restes ils de leurs manières de concevoir leurs environnement, végétal en particulier ? Je pars de l’hypothèse qu’une partie des paysans sur mon chemin on conservé leurs visions original du monde différente de celles rencontré en France.

-Pourquoi se concentrer sur les « herbes folles » ?

Ces plantes spontanées peuvent, selon moi, être une bonne manière de faire connaissance à la fois avec les Hommes et les végétaux des régions que je traverserai. Les « mauvaises herbes » sont au carrefour entre la « nature » qui n’existe que par opposition à la « culture ». Ces végétaux spontanés sont des sauvages dans les parcelles domestiquées. Elles sont l’objet de représentation spécifique et influente de la part des Hommes. Elles sont aussi une bonne entrée en la matière pour l’observation de la flore des espaces plus « naturel ».

Pourquoi voyager seul ?

Car lors de mes précédentes pérégrinations en France j’ai eu l’impression de vivre d’avantage en lien avec ce qui m’entoure seul qu’accompagner. Krishnamuti a dit «C’est beau la solitude. Être seul ne signifie pas être solitaire. Cela signifie que l’esprit ne vit pas sous influence et qu’il n’est pas pollué par la société ». Je voyagerai dans cette ambivalence entre recherche des autres et de la solitude.