Rencontre avec un éleveur d’un bout du monde

Témoignage d’un éleveur de vache allaitante de Plougastel-Daoulas (29) le 28 septembre 2019. Nous l’appelleront ‘Yann’.

Traduit du Breton au Français par Fulup

 

Yann’ témoigne savoureusement avec quelques histoires sur des plantes, des « mauvaises herbes » en tant que paysan. Cette notion de « mauvaises » herbes est relativisée avec la langue Bretonne.

Yann’ retourne parfois les interrogations pour nous questionner en tant qu’humain. Parfois se sont les questions elles mêmes qui se retournent contre nous. Un beau quiproquo au sujet de l’herbes à fumer ? non à utiliser, à raconté ! pousse aussi à se pencher mieux sur les langues et leurs pratiques.

Ce premier entretien en langue bretonne ouvre de multiples voies à explorer, je vous laisse donc explorer ce bout de témoignage d’un éleveur en basse Bretagne…

 

 

La rencontre, un soir :

 

Un dimanche matin je parcourrai le marché de Plougastel-Daoulas à la recherche des quelques bretonnants pour confronter mes questions à une langue que je ne parle pas. Je rechercher en particulier des personnes qui vivent ou ont vécu de la terre. Plusieurs personnes m’indiquent alors un éleveur qui habite « en bas de la fontaine Blanche ». Arriver à la petite chapelle du village un habitant m’indique un chemin creux qui s’enfonce dans le bois. L’ambiance bucolique deviens mystérieuse.

Nous nous somme rencontré à son domicile sur sa ferme le soir venu. Le temps était aux averses et nous sommes restés dans son salon autour d’une table pour discuter. Nous n’avons donc pas identifier directement les végétaux nommés et je ne donnerai que leurs noms Français. Cependant les noms botaniques sont indiqués entre parenthèse en me référent à d’autres entretiens réalisés sur la presqu’île de Plougastel et seconde visite chez ‘Yann’ pour confirmation.

 

Le contexte, la presqu’île :

 

La presqu’île de Plougastel est située dans la rade de Brest et n’a pas subie de remembrement. Ses paysages sont donc très boisés avec une multitude de petites parcelles et souvent des points de vues sur la mer. C’est aussi une zone de production intensive de tomate et de fraise hors sol. La ferme de ‘ Yann’ est particulière et assez peux représentative du type d’agriculture mener sur la commune. De plus ‘Yann’ revendique et défend la culture Bretonne en animant différente groupe de découverte de la culture local.

 

Nous avons bien discuté pendent plusieurs heures à propos de la culture bretonne et de l’agriculture en général. L’entretien qui suit a permis de tester la pertinences des questions et ce que représente une traduction. Ce bout de témoignage qui dure un quart d’heure est composé d’un enregistrement audio et sa traduction vous sera prochaine donné ci-dessous.

Je vous conseille si vous ne parlez pas breton de vous rendre à la minute 8’14 » ou ‘Yann’ explique pendant 3 minutes ses réflexions en français. Cela vous permettra de vous plonger dans l’ambiance de la discussion. Pour le reste vous pourrez bientôt lire la traduction en français qui permettra de comprendre son discours. Après cette restitution vous trouvez une analyse succincte du témoignage [lien].

Le témoignage, la traduction et ses surprises :

(La traduction de ce témoignage est en cour de correction.

Plusieurs surprise sont difficiles à retranscrire fidèlement en Français)

 

Quelques interprétations :

Vous noterez que ‘Yann’ revient régulièrement au français, car je ne parle pas breton, et que nous avons ainsi pu éclaircir quelques questions grâce à notre langue commune.

Il fait le constat que la langue bretonne a fortement reculée, « quand j’étais enfant les 3/4 des gents parlaient breton », il me confiait par la suite qu’a présent il est rare d’entendre parler breton dans le village. Il déplore aussi que le breton se calque de plus en plus sur la langue français en me reprenant quand je lui dit Demat (bonjour) pour commencer car en breton ça ne se dit pas. Tous comme le mot merci, le breton a d’autres formulations moins convenues pour s’exprimer.

 

A la question «Il y a moyen que vous me dites des noms de « mauvaises herbes » que vous connaissez ?» : La première « mauvaises herbes » qu’il donne est  Merc’het Keroulez  ou Askol du qui est un chardon (Cirsium arvense) en breton. L’été de la même année j’ai renconté une dame assez douce qui habite ce lieux dit de Keroullé. Elle me dit que le chardon des champs (Circium arvense) se nomme Merc’het Keroullé car il est aussi piquant de les femmes de Keroullé ! En effet Merc’het veux dire femme en breton. Pour le reste je vous laisse aller le vérifier.

 

Le Teol ou Rumex en français ( principalement Rumex crispus et obtusifolius) ne vient que plus tard alors que plus au nord du département chez les légumiers (cultivateur de légumes à grand échelle) c’est systématiquement la première plante nommée. Il insiste quand-même bien sur cette plante qui prolifère vite est difficile à éliminer

 

Il ne semble pas beaucoup se servir de ces végétaux et retourne la question de l’utilité de ces végétaux en se demandant si nous sommes utile aussi. Cette réponse est original, je n’en avais jamais entendu de pareils lors de mes précédent entretien

 

A ma question « Implij a reoc’h geot a wechou ? » (qui demande l’emploi de ces herbes en français).

 

Yann’ ne l’a pas compris comme cela :

« -Geot a wechou ? Non je ne fume pas non ! Tu utilises de l’herbe… eu à l’occasion ? »

 

C’est encore une incompréhension révélatrice. Le choix des mots et des formulations est cruciale. Mme Danielle Musset ethnologue, directrice du Musée-Conservatoire Ethnologique de Haute-Provence me racontait un jour qu’il lui est arrivé de demander à des italiens d’une vallée des Alpes leur usage de « plantes médicinales ». Ceux-ci restaient quoi ne comprenant pas la question. C’est seulement après avoir demandé leurs usages des « herbes » que les personnes interrogés comprirent la question !

 

Yann’ discute de la notion de « mauvaises herbes » en breton rendent compte spontanément des sens multiples dériver du mot Louzou. C’est intéressant de se rendre compte que dans un même territoire cette notion peu fortement varier, grâce à la langue notamment.

 

Finalement l’histoire qu’il raconte sur ces végétaux est un souvenir de fête. L’herbe d’or, herbe parfaite, « sans tous » et confortable dans laquelle on s’endort volontiers. Existe elle réellement ailleurs ? Je tenterais de la dénicher au cour du voyage, en profitant de bonne siestes dans l’herbe ; mais, l’herbe est elle plus verte, ou plus dorée ailleurs ?…

 

 

 

Quelque précisions  :

 

Cet article est une ébauche d’un plus complet qui sera publié prochainement avec la traduction intégrale des propos de ‘Yann’ en français et une tentative d’analyse.

Je suis preneur de tous vos commentaires. Le style d’écriture n’est pas trop lourd ? Les affirmations vous semblent bancales ?

Je n’ai pas la prétention d’écrire des articles « ethnographique » et veux me poser en simple humain de passage qui souhaite aller un peu plus loin que les apparences.

Les blogues de « cyclotouriste » qui étalent leurs vies incroyables ne m’intéressent pas. Je ne veux pas tomber dans le tourisme qui est le prolongement du travail salarier appliqué au temps libre. Je ne cherche pas à me vendre, à améliorer ma personne, mon CV, comme on améliore un produit.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres la parution des articles sera mensuelle. Je ne créerai pas de vidéo, car c’est un médias qui me semble bien trop utilisé sur le net. Il me semble que la vidéo crée une forte identification qui entrave la prise de recule et le développement de l’esprit critique… Ma seule prétention est de stimuler nos esprits critiques en remettant en question nos évidences. Le voyage me semble un bon moyen d’aller dans ce sens, voulez-vous m’y accompagner ?

Je m’excuse pour les fautes d’orthographe.