Il n’y a pas d’enregistrement pour ce témoignage.

Paco est menuisier et cultivateur dans une coopérative Longo mai des montagnes d’Ardèche à Chaneac. Il argumente en réaction à mon terme de mauvaises herbes, « Je suis dans l’optique ou les plantes sont là pour quelque chose. On essaye de voir ce qu’elles font dans notre système de culture. »

Cependant, « on est embêté par le chiendent et on essaye de revoir nos manières de faire. »

Il dit qu’en agriculture « il y a la volonté de faire propre et c’est peut-être inutile de se battre contre ça ». Pour lui, « Les sols ont besoin d’être recouverts ». Si on a eu des problèmes « c’est sûrement qu’on n’a pas travaillé au bon moment. »

A propos de leur prairies, ils manquent de foins, « mais on exporte tout le temps donc on pense à faire des jachères ». « En montagne on fauche l‘herbe des talus, mais on devrait peut être les laisser grainées pour refaire des semences. » De plus ; « Il y a de plus en plus de neiges tardives donc l’herbe pousse plus tard et on a 1/3 d’herbe en moins que l’an passé.

Pour leurs usages des herbes ; « On regarde les plantes bio indicatrices pour voir les zones de sur pâturages, les tassements. Pour avoir plus de biodiversité il faut faucher plus tard. On fauche plus tôt pour avoir plus d’azote, mais si on le faisait plus tard on aurait plus d’oligoélément. »

Et s’ ils ont des problèmes en grandes cultures (céréales) c’est plus lié à la qualité des semences et du semis : « Quand le semis est fait dans de bonnes conditions, la culture recouvre rapidement le sol. Notre trieur qui date de l’après-guerre est moyen dans les graines de Vesce restantes (il a du mal à les séparer du blé). »

A propos de plantes du bord des parcelles : « A un moment on a été envahi avec de l’Amarante » ; qui au début elle restait entre les rangs de légumes et qui maintenant pousse partout. « On a aussi de la Tanaisie qui se ressème de partout dans le village ».

Quand je repose la question de l’usage des plantes : « Il y en a qui ramassent des feuilles de framboisiers ; des bourgeons» mais malheureusement elles ne sont pas présentes ce soir.

En cataplasme « les racines de consoude font cicatriser pus vite », après ça dépend des gens.

Toujours à propos des plantes spontanées puis des animaux qui s’en nourrissent : Autour de la maison, ils ont beaucoup d’orties, trop même. « Après la grenaison les poules, canard… se jettent sur l’ortie ! ça doit leur apporter des choses… »… « Les feuilles de fraisier sont mangées par les chevreuils… c’est peut-être vermifuges pour eux ? »

En continuant sur le thème de la faune sauvage, ils ont remarqué que le sanglier qui laboure leurs prairies apporte de bonnes plantes qui les régénèrent. « Au début on râlait, mais maintenant on voit que ça ne gêne pas et on réaplanie ». Il relativise donc sur la « nuisibilité » du gibier, car « on est certainement plus nuisible qu’eux » et « On comprend que le chevreuils aiment nos plantes plantées en lignes. »

A propos de l’agriculture en générale « J’ai l’impression qu’on ne fait que renchérir au chaos avec le chimique. Il faut réfléchir de manière plus globale….On voit que dans le sud tous les végétaux sont recouverts de filet.». Finalement, il invite à se questionner sur le modèle agricole actuel, car « il est responsable de nombre de pollutions. »