Bonjour,

Après deux semaines de pédalage extensif (en prenant le temps quoi), j’entends que vous voulez de mes nouvelles. Pourquoi pas, mais je tiens à préciser que je ne suis pas parti pour tenir un fil d’actualité. Si je suis parti c’est justement pour m’extraire un peu plus de l’immédiateté d’internet et de l’information rapide sans recule qu’on nous sert tous les jours. Ne vous attendez donc pas à des articles hebdomadaire, mais plutôt mensuels. En contrepartie, je tenterai modestement de parler de chose plus approfondies que la beauté des paysages et des anecdotes croustillantes.

Voilà, maintenant quelques photos de paysages et anecdotes toute fraîches :

Le départ officiel et symbolique de la pointe du Corsen a réuni du monde très motivé en cette matinée fraîche de week-end. Nous partons à quatre, deux amis, mon père et moi. Nous roulons bien et à un bon rythme en profitant du temps qui s’améliore jusqu’à mi parcours à Plouvien, où un problème technique sur mon vélo tout neuf nous empêche de continuer… mon frère en voiture nous dépanne et emmène le soir à Santec pour fêter le départ avec les copains.

Fanch (le vélo) réparé et moi repartons de Santec pour dire au revoir à ma famille . Et le mercredi matin, quelle belle surprise de voir la place de Saint -Urbain plein de personnes venues déjà me féliciter et me souhaité bonne route.

L’esprit du moment de du projet y sontoui..

Nous partons donc avec un ami pour Concarneau et la dernière révision du vélo au CRADE. Cette journée est très ensoleillée et nous prenons les petites routes après Châteaulin, ce qui nous fera passer par le premier col du voyage.

premier col

Cette troisième journée de vélo est éprouvante. Après le plat pays du Léon, la Cornouaille nous réserve de sacrées côtes et je dois descendre du vélo pour le pousser plusieurs fois dans les côtes…

Le landemain, rencontre pendant la journée de pause Pierre Cornec, un ancien du crédit agricole, avec qui j’échange des graines. Je vous resituerais un bout de notre entretien plus tard.

Le samedi, une semaine après le départ nous sommes sur une île près de Lorient pour une rencontre de personnes qui pratiquent la botanique au sein de l’association Bretagne vivante. Cette rencontre permettra d’illustrer le mode de pratique de la botanique en Bretagne, à d’autres « botanistes » sur la route. En Bretagne, la botanique ce pratique souvent au sein d’un des nombreux groupes actifs. Ces groupes se constituent de personnes de niveaux divers qui progressent ensemble et permettent d’alimenter des bases de données pour l’amélioration des connaissances que nous avons de notre flore. Les personnes qui pratiquent la botanique ailleurs le font-ils de manière aussi conviviale et organisée ? Je vous tiendrai au courant !

Nous discutions de la détermination des différentes espèces de Limonium

Après cette semaine dans l’ouest de la Bretagne, Fanch et moi profitons du vent d’ouest et de la côte plane du Morbihan pour filer plus vite vers Vannes puis Nantes et Angers. Sur la route de Angers, lea Loire déborde et je dois passer plusieurss fois à gué . A Angers, c’est un de mes anciens prof me reçoit dans sa ferme et me montre le rare Plantago afra ?, désolé, je n’en ai pas de photo mais aller regarder sur internet, il est étonnant. Une espèce cousine de ce plantain est le Plantain lancéolé, très commun chez nous il possède quelques vertus. Sur la même ferme, trois alpaga au petit matin. Suis-je déjà dans les Andes?

Piste, même loin du lit principal) innondées

Le lendemain nous partons de l’autre côté de Angers dans un village troglodyte d’artistes. C’est un lieu magique et convivial. Je retrouve des amis venus spécialement pour l’occasion. Dans les discutions, j’apprends à me servir de ma pierre à feu et repart avec un sac plein d’amadou.

Le jeudi nous prenons la direction du massif central en longeant encore un peu la Loire pour savourer la puissance de ce fleuve qui reste sauvage !

Les fruits de l’églantier sont acidulés et riche en vitamine C. Une bonne mise en bouche pour le repas.

Le vent a changé de cap et me fait face, heureusement le vélo chargé brise ce vent tranquille et mon inertie me propulse jusque Richelieu. Cette ville qu’on me dit belle m’a laissé de marbre, comme ces grande avenues droites qui se croisent à angle droit bordées d’immeubles massif et froid. Je trouve cette ville trop «impériale», écrasante pour le vagabond et décide de passer mon chemin. En quittant la ville, un homme m’interpelle du première étage, il me demande comment je vais, ou je vais. Finalement il m’invitera à dormir chez son frère absent. Lui, Hevé LECLERC est chauffeur de bus. Il m’a aidé car, il était scout avant et comprend ma situation.

PHOTO Hervé Leclerc, fier.

Il me semble que les personnes qui ont reçu des autres personnes, on envie de donner en retour. C’est ce que me répond aussi Zoé qui m’héberge deux jours plus tard dans la Creuse. Ce discours est fréquent chez les personnes qui me filent des coups de main spontanément, comme ceux qui prennent en auto-stop par exemple. Je trouve beau que la générosité désintéressée appelle la générosité, c’est un cercle vertueux qui résiste encore à la marchandisation de nos vies. Il parait même que l‘on appelle cela la «théorie du don». Essayez et vous verrez que la vie peut être plus conviviale et les gens plus amicaux qu’il n’y parait.

Voilà je vous écrit depuis la Creuse une terre un peu délaissée des hommes, dont une bonne partie de la population a plus de 50 ans, leurs enfants sont partis. La vie est tranquille ici et de jeunes gens plein d’espoir, profitant des bas prix de l’immobilier et des terres, viennent s’y installer. Ils redonnent de la chaleur humaine à cette campagne qui a des aires de Bretagne.

Merci et à la prochaine,

Mathieu